Mosquée Bibi-Khanym
Voulue par Tamerlan comme la plus grande mosquée du monde islamique, Bibi-Khanym séduit par la démesure de son portail de 35 mètres et de sa coupole de 41 mètres — un projet aussi ambitieux qu'infortuné.
Bibi-Khanym est l’un des édifices les plus ambitieux — et les plus malchanceux — de l’empire timouride. Construite entre 1399 et 1404 sur l’ordre de Tamerlan pour célébrer sa campagne victorieuse contre le sultanat de Delhi, la mosquée devait être la plus grande du monde islamique et proclamer publiquement la primauté de Samarcande. L’ensemble comprend un portail de 35 mètres de haut, une salle de prière principale coiffée d’une coupole de 41 mètres, deux minarets à chaque angle de la cour et un plan rectangulaire démesuré de 167 × 109 mètres.
La construction fut menée dans la précipitation (Tamerlan aurait fait exécuter les architectes qui faiblissaient), et l’édifice commença à se dégrader presque aussitôt — des briques tombèrent de la coupole dès l’inauguration. Au XVIIIe siècle, la mosquée était en grande partie en ruine ; l’état actuel, avec une bonne part de la coupole et des portails reconstruits, remonte à la restauration soviétique entreprise à partir des années 1970.
Dans la cour se dresse un gigantesque lutrin de marbre destiné, dit-on, à recevoir, sur l’ordre de Tamerlan, le Coran du calife Othman (l’original se trouve aujourd’hui à Tachkent) ; la tradition locale veut que ramper trois fois sous ce lutrin rende les femmes fécondes. Bibi-Khanym porte le nom de l’épouse principale de Tamerlan, Saray Mulk Khanum, et une légende populaire (sans doute née au XIXe siècle) met en scène un jeune architecte, un baiser interdit et l’introduction du voile en Asie centrale.
