Karakol

Mosquée doungane de Karakol

42.4906° N · 78.3897° E
Site religieux

L'un des édifices religieux les plus étonnants d'Asie centrale : une mosquée sunnite pleinement en activité qui ressemble, au premier coup d'œil, à une pagode bouddhiste chinoise — bâtie sans le moindre clou entre 1904 et 1907.

La mosquée dounganaise est l’un des édifices religieux les plus curieux d’Asie centrale sur le plan architectural : une mosquée sunnite pleinement en activité qui ressemble, au premier regard, à une pagode bouddhiste chinoise.

Édifiée entre 1904 et 1907 par des artisans doungans menés par le maître architecte Zhou Si et une équipe de 20 charpentiers venus du nord-ouest de la Chine, elle fut commandée par la communauté dounganaise (Hui, musulmans chinois) de Karakol, qui avait fui la répression des Hui menée par les Qing dans les années 1870.

L’ensemble de la structure a été assemblé sans un seul clou, à l’aide d’assemblages à tenons et mortaises de bout en bout — piliers, murs et l’élaboré toit à plusieurs niveaux, fait de poutres peintes en vert et rouge, tiennent uniquement par la tension et le savoir-faire. Les avant-toits recourbés, ornés de frises de bois sculpté représentant raisins, pêches, grenades et dragons (oui, des dragons — concession remarquable aux conventions esthétiques chinoises dans un édifice islamique), donnent à la mosquée sa silhouette de pagode. L’intérieur reste utilisé pour la prière du vendredi.

La communauté dounganaise de Karakol est restreinte mais bien présente : la cuisine épicée dounganaise (laghman, nouilles ashlyan-fu) est l’une des traditions culinaires les plus distinctives de la ville, à savourer de préférence aux petits étals d’ashlyan-fu installés derrière le bazar.

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